Les toiles de Christine Bry évoquent la naissance, l’aurore, la lumière, l’attente. C’est l’instant des origines, de ce qui est en devenir, qui n’est encore ni bien, ni mal, ni fini, ni infini. Une impression vague, alliance de pensée et de sensations baigne de sa nébuleuse aussi bien les paysages que les corps. Mais cet émoi diffus répand sa force et donne son intériorité à cette œuvre qui semble dédiée aux apparences. L’attention portée au rendu des yeux témoigne de cette fusion que la vue opère entre l’intime et le visible. La peinture de Christine Bry révèle l’indicible, le tu, en l’exprimant par les gestes, les postures, les ouvertures comme autant de jours dans la toile, qu’ils soient soleils ou regards…
Yvon birster 2012 ©
A La ROTONDE, Yvon Birster réunit des artistes de plusieurs générations qui partagent rigueur du métier et passion de la création. Ouverte aux peintres et sculpteurs vivants, la galerie présente une sélection de leurs œuvres directement issues des ateliers. Elle a pour objectif de les soutenir durablement dans leur démarche créative. En parallèle, elle [...]
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A La ROTONDE, Yvon Birster rĂ©unit des artistes de plusieurs gĂ©nĂ©rations qui partagent rigueur du mĂ©tier et passion de la crĂ©ation. Ouverte aux peintres et sculpteurs vivants, la galerie prĂ©sente une sĂ©lection de leurs Ĺ“uvres directement issues des ateliers. Elle a pour objectif de les soutenir durablement dans leur dĂ©marche crĂ©ative. En parallèle, elle s’adonne Ă un travail d’animation et de conquĂŞte d’un public Ă©largi. Chaque expo fait dĂ©couvrir une personnalitĂ©, un style, une WeltanschauĂąng caractĂ©risĂ©s par un engagement total au service d’une oeuvre exigeante.
Depuis 1960, nous assistons autant à la seconde mort de dieux grecs qu’à celle du christianisme. Ces dieux qu’avaient en partie ressuscités la Renaissance et les magnifiques études de nos hellénistes ont été renversés et bafoués par tout ce que le soi-disant post-modernisme impliquait d’antirationalisme et d’antihumanisme. Des peurs, des croyances superstitieuses que des siècles de courage et d’efforts construits par les « phares »(1) de l’humanité ont été tournés en dérision, rejetés puis promis à l’oubli des générations à venir.  Croyance vaine (2) mais bien actuelle! L’imaginaire contemporain a sanctifié le retour aux forces obscures mises à mal par l’Olympe, il a travesti ce qu’il fallait démasquer. La dérision, la confusion sont entretenues pour que la cacophonie globalisante étouffe tout effort de pensée. De prétendus courants artistiques surfent sur ces sinistres résurgences ; ils ne sont qu’un amalgame de pillage par détournements et dérisions, de marketing, de « com » recouvrant d’habiles manipulations financières. Le grand public ne s’y trompe pas qui regarde de loin ces gesticulations, mais il ignore la part d’argent public exclusivement investie dans ces attrape-nigauds. Hormis les excès financiers qui recouvrent ce prétendu « marché » de l’art, la coupure instaurée entre le public et les créateurs par cette gabegie en est la conséquence la plus dommageable.
Désespérer de l’homme, de ce qu’il peut réaliser, de ce qui le grandit est un programme en acte que la Rotonde combattra jusqu’à sa fin.
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(1)   C’est un phare allumĂ© sur mille citadelles,
Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois!
Car c’est vraiment, Seigneur, le meilleur tĂ©moignage
Que nous puissions donner de notre dignité
Que cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge
Et  vient mourir au bord de votre éternité ! (Baudelaire, Les Phares)
(2)    Ils reviendront, ces Dieux que tu pleures toujours !
Le temps va ramener l’ordre des anciens jours ;
La terre a tressailli d’un souffle prophĂ©tique… (Nerval –Delfica)
Francis Marshall et Chong Marshall sont de retour Ă La Rotonde avec de nouvelles oeuvres sur les thèmes qui ont fait leur succès : la mer, le dĂ©part, l’exil, l’Ă©crit… La facture nette de Francis confère Ă sa peinture la force de l’Ă©vidence, que le cadre de bois brut, Ă©lĂ©ment constitutif de l’Ĺ“uvre, transmute en objet peint. La plage, la maison de vacances Ă©voquent le passĂ© et l’avenir, souvenirs et potentiels de vie heureuse. Les bois trouvĂ©s qui reçoivent la peinture et l’encadrent tĂ©moignent du goĂ»t avĂ©rĂ© de Francis pour l’authenticitĂ©, la trace des Ă©preuves surmontĂ©es. Les marques du temps ne sont pas des marques d’usure, mais des signes d’expĂ©rience.
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Sa peinture est comme une composition musicale qui enlève les paysages qu’il interprète, les fait tourbillonner dans un envol poétique qui tiendrait à la fois de Chagall et de Dufy. Le ciel, la terre, la mer se transforment en un monde de vibrations, d’ondes colorées et aériennes qui invitent le regard à ne jamais se poser. Les cinq éléments virevoltent sous sa palette mobile et légère. Yvon Birster © 2012
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Paysages rêvés dans leur évidence singulière, peintures, photos
Agard, Bry, Cerutti, Dusio, Guenin, Huguier, Marshall, Medina-Saludo, Monier, Nouail, Nouvel, Pagès, Yannone…
Le motif choisi par l’artiste fait couler beaucoup d’encre lorsqu’il est vu comme miroir du perçu, alors qu’il est motivation, moteur, signe plus que représentation, présence plus que réflexion, si ce n’est celle d’un Narcisse dont les traits se confondent et correspondent au mirage qui se fait figure et paysage, dans le fonds des puits, des lacs et des ciels où toujours passe une ombre qui déchire la lumière, dérègle le sens et les sens, d’où peuvent surgir un regard, un souvenir, une étoile.
Retour sur l’œuvre d’une vie «  Pere Pagès est un peintre espagnol de l’Ă©cole de Paris, ou plus prĂ©cisèment, un peintre parisien de l’école espagnole ! » Ă©crit Tomas  ParĂ©dĂ©s, le prĂ©sident des Critiques d’art espagnol. Par ce jugement, l’Espagne entend reprendre un bien  dont l’avait privĂ© l’exil des siens sous Franco. Pagès a vĂ©cu et exposĂ©   avec [...]
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